Un cadeau de naissance

L’accueil de l’Etre humain sur la Terre

Comment aujourd’hui accueillons nous la Vie, les bébés, parmi nous ? Comment célébrons nous les naissances ?

J’aimerais parler de ma propre expérience, comment moi même je me suis sentie accueillie, et vous inviter à en faire de même.

Seulement ce n’est pas possible, notre mémoire consciente ne nous permet pas de retrouver des souvenirs de cette période de notre vie. Notre corps, notre inconscient peut être se souviennent ?…

Ils parlent pour nous souvent/parfois et la mise en mots est difficile.

Si nous ne pouvons nous souvenir de ce que nous avons vécu et comment nous l’avons vécu en tant que bébé, de notre naissance et de l’accueil qui nous a été fait, il y a aujourd’hui des personnes* qui se sont penchées sur les besoins physiologiques du bébé et les actions qui soutiennent, les actions qui ne contribuent pas au bien être et par conséquent au bon développement du bébé*. Nous avons donc des repères, qui peuvent aujourd’hui nous guider.

Et quand est il des parents, et toutes personnes ayant décidées de s’occuper des besoins du tout petit ?

Comment vivent-ils cet accueil ? Quel rôle jouent-ils dans cet accueil ? Sont-ils les seuls à jouer un rôle ? Quels moyens leurs sont nécessaire pour jouer ce rôle et ces moyens les ont-ils ? Comment cela se passe-t-il dans d’autres cultures/civilisations ?…

Il y aurait tant de questions que j’aimerais évoquer et tenter d’y répondre avec des études, des recherches, des constats/observations faits par d’autres personnes.

Moi ce que j’aime c’est partager mon expérience et mon ressenti. Je vous propose donc un partage de mon vécu et des émotions et sentiments qui m’ont traversés lors de ma première expérience de maman et je serais en joie si ce partage résonne en vous et parvient à vous toucher pour vous inspirer.

De l’inspiration à changer , que ce soit votre vision/regard, ou votre posture interne/externe, ou vos futures actions…

*Je prépare un article en parallèle pour citer les professionnels dont j’ai pu lire les recherches ou voir des vidéos et qui me semblent inspirantes pour suivre mon rêve de répondre au plus près des besoins physiologiques du bébé et qui ont participé à changer ma vision sur les conséquences de nos actions sur les enfants, pour nourrir mon rêve d’un monde avec des relations humaines plus empathiques et harmonieuses et une meilleurs répartition et protection des ressources sur la Terre.

Aujourd’hui en écrivant ces mots, je m’apprête à accueillir un nouvel Etre pour la deuxième fois. Voilà une chose que je revis de nouveau à l’approche de la naissance :

Le besoin de soutien.

Je me sens inquiète car j’ai déjà expérimenté cette période où avec un tout petit bébé dans les bras, des émotions qui viennent m’envahir et me toucher, me réveiller, des croyances et injonctions dont je me suis remplie au fil de ma vie, je me suis sentie démunie et seule face à tout ça sans avoir les clefs pour mieux le vivre.

J’avais écris ceci pour partager ce qui était vivant pour moi lors de l’arrivée de mon premier enfant:

« Voilà notre petite perle qui est arrivée. Deux billes noires qui me regardent. Il semble si paisible et énigmatique. Quel miracle. »

Je suis touchée en plein coeur. La beauté et la violence de l’évènement est trop forte et réussie à transperser ma cuirasse.

Je me sens perdue, démunie.

La réalité de ce qui se passe dans cet hopital n’a pas grand-chose à voir avec ce que j’avais imaginé. Et surtout je sens un décalage avec les émotions que je pensais ressentir, celles que notre société vente : «l’arrivée d’un enfant c’est que du bonheur » et celles qui surgissent, qui s’animent en cet instant présent d’accueil de ce bébé : « j’ai peur de cette réalité inconnue ».

Je me sens sidérée et admirative à la fois. Une force me pousse. C’est à ce moment pour moi désagréable et à la fois quelque chose en moi sait/reconnaît que cette force/puissance/énergie va pouvoir se transformer, va pouvoir m’être utile et me sauver. Je me sens vivante.

La suite de l’accouchement.

Que se passe-t-il ?

Nous sommes à la maison.

Il y a ce qu’on faisait avant bébé. Nous étions deux.

Il y a ce séjour dans cet univers hospitalié. Avec ces personnes inconnues et pourtant devenues en 4 jours familières ? Enfin je crois.

Il y a une sorte de deuil donc à faire en sortant de cet hospital ?

Je ne sais pas. Je me sens encore perdue.

Il y a ce retour dans cet univers connue : la maison. Nous sommes trois maintenant.

Comment la vie va s’organiser autour de cette équation ?

J’ai posé Gaël dans un transat. Il semble dormir.

Je m’installe à des activités d’avant : la couture.

Je me dis : « chouette, rien n’a changé ».

Gaël pleure.

Et PAF, première émotion qui surgie et je suis submergée : je ressens de l’agacement !

« Quoi, comment est ce possible !!! Tu n’as pas honte ! C’est un bébé, il a besoin de toi, tu es sans coeur ! »

« Et ! j’existe, non ? Je suis encore moi ? Je n’ai pas fais assez déjà ??? »

« comment est ce possible de ressentir cela en tant que maman ? Je ne suis pas « normale » sans doutes ? »

Et je me sens seule.

Et là je vais vous dire quelque chose qui est devenu un tabou dans notre société occidentale :

« Il faut tout un village pour élever un enfant »

proverbe africain

Les mois qui ont suivis sont une descente progressive vers un épuisement maternelle/une dépression.

Une invitation à toutes les futures maman :

Prenez conscience qu’avoir la croyance que dans notre société, élever un enfant dans une famille composée de deux êtres et sans soutien d’un groupe de personnes aimantes et bienveillantes, sans relais, sans soutien matériel, est normale et réalisable dans l’amour inconditionnel et la douceur pour soi même et pour l’enfant à pour conséquences l’épuisement, le burn out

…Je fais du mieux que je peux pour maintenir la barre.

Un virus en profite et dérègle mon système hormonale, je pers 10 kg en un mois, je transpire comme un bœuf, je pleure et m’énerve à la moindre difficulté, je pique des colères, crises d’angoisses…

Je pense ne pas y arriver.

« Je me sens NULLE.

Les autres doivent mieux y arriver que moi »

« Je suis vraiment une mauvaise mère, j’ai des pensées, visions de moi faisant du mal à mon enfant !!! »

Quelles sont ces clefs qui me semble aujourd’hui aidante dans l’accueil d’un enfant :

1ère Clef

Le soutien matériel et moral d’une ou plusieurs personnes qui peuvent et auront l’élan d’offrir : douceur, amour inconditionnel et relais dans le quotidien pour gérer la préparation des repas, le ménage, les courses, les autres enfants du foyer…

Voilà ce que j’ai mis en place pour l’accueil de ce nouvel enfant. Je me suis fait

la demande de demander

à mon entourage, proche et éloigné, amis et parents du soutien.

Concrètement :

J’ai envoyé cette demande par mail en partageant mon expérience, mon ressenti et mes besoins. Puis une demande concrète pour m’aider à répondre à ces besoins. Soit en nous offrant du temps ou une aide logistique (repas, courses…) ou en contribuant financièrement par l’intermédiaire d’une cagnotte en ligne. Ce financement permettra de rémunérer les services d’une aide à domicile.

Tel un cadeau de naissance, offert à nous parents, pour le bébé.

2ème clef

Un déconditionnement, une prise de conscience dans notre vision de ce qui est bien de faire ou de ne pas faire, et de ce qui est bien d’être ou ne pas être : je parle ici de toutes les images conscientes ou inconscientes de la « bonne mère », « du bon parent », des pratiques qu’il faut adopter pour correspondre à ce bon parent, des objets qu’il faut acquérir… Toutes ces images qui proviennent d’un référencement externe qu’elles soient jugées bonnes ou mauvaises par telle ou telle personne et qui ne correspondent pas à un besoin interne, une référence interne et relative à nous même et au bébé.

Bien sûre, l’inspiration provenant de l’extérieur, un livre, les pratiques que nous partage un groupe de parents ou une amie elle même maman, les études scientifiques sur les besoins du bébé… sont d’une aide précieuse et doivent continuer de nous inspirer. Nous ne pouvons pas tout découvrir par nous même et le partage d’expérience nous fait avancer et contribue à nourrir nos aspirations.

Je veux juste attirer votre attention sur notre capacité à garder notre libre arbitre et faire nos choix en conscience.

Qu’est ce qui est ?*:

-J’ai un bébé dans les bras qui semble avoir tel ou tel besoin.

-Je suis en forme ou fatiguée.

-Je suis particulièrement angoissée ou sereine.

-J’ai vécu tel ou tel accouchement, avec tel ou tel ressenti, par rapport à mes attentes, mes projections, cela c’est passé au-delà de mes espérences ou en dessous.

-C’est mon premier enfant ou un deuxième, troisième…

-J’ai telles pensées qui me traverses et cela fait naître telles émotions.

Qu’est ce que je veux ?:

-Quelle est mon intention, et mes priorités du moment ? Se recentrer sur soi.

Qu’est ce que je fais ?

-Est ce que ce que je suis en train de faire/dire/penser nourris mes intentions et mes priorités du moment ?

Et en fonction de cette dernière réponse je peux poser des actions concrètes, faire des choix.

Je vous invite à vous nourrir exclusivement de paroles ou pratiques venant de l’extérieur qui vous semblent ajustées et contribuer pour vous. Et si malgré cela, certains de vos choix dans la pratique semblent de nouveau être en dissonance avec votre réalité, reposez vous ces trois questions, pour réajuster.

*Ces trois questions m’ont été partagées par Isabelle Padovani.

La vie avec un enfant est sans cesse faite de réajustements, rien n’est immuable.

C’est pour moi ce qui a été le plus rude à accueillir.

Je vous partage que dans mon expérience cette deuxième clef est un cheminement, parfois long et qui demande également du soutien. Soutien de personnes qui ont les compétences pour vous guider dans vos prises de consciences. J’en parle ici.

Pour finir, j’aimerais vous partager ma lettre, celle qui porte mon message, ma demande.

Mamans en attente d’un enfant à naître, parents en devenir, je vous l’offre, inspirez en vous pour créer votre propre demande de soutien.

Téléchargez ma lettre

 

Toute ma gratitude…

La Colère. Cette colère qui explose soudainement, cette colère sous-jacente, nos muscles se tendent, notre ventre se noue, notre coeur se ferme…

Quand mon fils a eu 21 mois environ, il a commencé à exprimer son mécontentement, ses frustrations, ses peurs, ses incompréhensions en nous tapant. Cette expression corporelle, gestuelle, commune aux tous petits qui n’ont pas d’autres moyens, a durée un an et demi environ…

Quand il me tapait j’ai ressenti d’abord de la colère et j’étais pleine de ressentiment. « Il n’a pas le droit de me taper, mais pourquoi il fait ça, il ne devrait pas!!! » Je m’attachais au pourquoi, je voulais comprendre, raisonner. J’ai passé une bonne période où je refusais cet acte, ce qui m’empêchais d’écouter le message caché derrière le geste et de me relier avec ce qui était précieux pour mon fils, ce qui était vivant et le précieux qu’il m’offrait en communiquant de la sorte avec moi.

J’ai lu que si un enfant exprime sa colère avec ses parents c’est qu’il se sent suffisamment en sécurité avec eux (la figure d’attachement qui peut aussi être une personne autre que les parents) pour lâcher toutes ces émotions qu’il serait potentiellement dangereux d’exprimer avec une personne avec qui il n’y a pas cet attachement, ce sentiment de sécurité. (Isabelle Filliozat, Catherine Gueguen en parlent très bien).

Oh combien ce que j’ai pu lire sur les besoins de l’enfant et les comportements qui expriment ces besoins, a pu m’aider pour me connecter à ce que vivait mon petit d’homme.

Et je remercie Isabelle Filliozat, Catherine Gueguen, Maria Montessori…et tant d’autres que j’ai pu lire et qui m’ont soutenus dans mon besoin de comprendre l’enfant.

Et sur cette colère qui me traversait et que je croyais à l’époque que mon fils en était la cause, j’ai découvert un soir de recherche sur le net où j’étais en quête de réponses, cette vidéo: La colère, d’Isabelle Padovani. Cette vidéo m’a donné une clef pour ouvrir mon coeur et vivre la détente à laquelle j’aspirais au fond. Ah enfin un début de piste qui me faisait voir ma colère autrement, non plus comme une chose horrible à réprimer, à contrôler, ou comme un droit d’expression à imposer sous toutes ses formes (cris, violence physique…) à l’autre. Mais comme un indicateur de ce qui se passe à l’intérieur de moi. Et tant que je n’irai pas accueillir ce qui se passe en moi, comment développer des compétences pour écouter l’autre? Par expérience je vois qu’il m’est souvent impossible de prendre soin de l’autre quand je n’ai pas pris le temps de prendre soin de moi.

De cette vidéo j’ai tiré le fil. Isabelle Padovani propose sur sa chaîne Youtube des centaines de vidéos (je ne passe pas un jour presque où je ne regarde pas une vidéo) qui sont des supports tellement précieux pour moi pour me soutenir dans l’apprentissage de l’interdépendance, de l’empathie, de l’auto-empathie, de l’amour de soi… Elle partage avec sincérité, joie, ouverture de coeur et clarté. Elle propose aussi des rencontres: les rencontres au coeur du vivant.

Toute ma gratitude à Isabelle Padovani pour cet élan de partage qui m’apporte détente, douceur et qui nourrit mon besoin de compréhension.

La clef si précieuse pour moi qui m’ouvre les portes de mon coeur est la pratique de la communication non violente que j’ai découverte en visionnant les vidéos d’Isabelle Padovani car elle partage largement sur cette pratique. C’est un outil qui me permet de ne plus subir ma propre violence interne induite par un langage duel et un conditionnement issu de l’expérience vécue dans mon enfance, et ne plus subir ou faire subir la violence aux autres. Cet outil me permet, en cet instant et dès que je décide de l’utiliser ou dès que ma conscience et mes moyens me permettent de l’utiliser, de vivre dans le monde dans lequel j’aspire, sans violence, et de ne plus attendre, exiger ou agir sur l’autre pour vivre ce que j’aspire à vivre. Je reprend ma responsabilité et je redonne sa responsabilité à l’autre.

Je voulais ici même partager ma gratitude pour cet homme, Marshall Rosenberg et tous ceux qui incarnent cette non violence et m’inspirent, ceux qui ont croisé mon chemin: Isabelle Padovani, Véronique Gaspard (formatrice en communication non violente), Sandrine Donzel, Karine Ducrot (accompagnante et personne ressource formée à la communication non violente), Thomas d’Ansembourg

J’aimerai vous parler aussi d’un homme Jacques Salomé. J’ai été touché par ces mots qui m’ont donné une clef importante dans ma relation à l’autre. Dans son livre: Papa, maman écoutez moi vraiment.  Une phrase inspirée de ce livre et que j’ai utilisé quand mon fils me tapait « Je vois que tu es en colère, tellement en colère que tu n’hésites pas à me le dire en me tapant. » Cette phrase a remplacé « c’est interdit de taper, ça fait mal, on ne le fait pas! ». Quand j’ai eu les moyens de remplacer cette phrase j’ai senti que c’était plus doux pour mon fils. Qu’il se sentait écouté. Et les tapes ont diminué. Elles n’ont pas disparu et j’ai accueilli la part de moi qui voudrait tant qu’il existe des mots magiques qui agissent sur l’autre pour lui faire cesser un comportement. Mais mon expérience est que ces mots que l’ont peut qualifier de « magique » (jugements, interprétations, impressions, exigences, menaces, punitions, récompenses…) car il font cesser un comportement a court ou moyen terme chez l’autre ont des conséquences à long terme: la culpabilité, le désamour de soi, la vulnérabilité, la colère intérieur…Et ce n’est pas mon rêve que mon fils vive ça car je n’ai pas moi même de joie à le vivre. Toute ma gratitude à cet homme.

 

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