Le plus URGENT: l’empathie…

 

J’aimerai vous partager une de mes plus douloureuses expériences, dans mon cheminement vers la bienveillance : Le manque d’empathie envers moi-même.

J’observe sur les réseaux sociaux, en surfant sur internet, en lisant des magasines spécialisés dans la parentalité positive et bienveillante, en lisant les livres de pédagogues, de pédiatres, d’accompagnants à la parentalité, que de plus en plus de personnes ont l’élan de partager la conscience que nos actions sur les enfants, et ceci depuis des temps anciens, ne permettent pas de répondre à leurs besoins. La conscience également que nous n’avions pas suffisamment de compétences pour traduire et comprendre le jeune enfant, pour communiquer avec lui et répondre aux mieux à ces besoins.

J’observe que des personnes en ce monde donnent de l’énergie et du temps pour partager des façons de faire, d’être, et des façons de communiquer qui répondent mieux aux besoins des enfants et qui servent la relation parent/enfant, ou professionnel/enfant.

La préparation à la naissance, l’accouchement physiologique, le portage physiologique, la motricité libre, l’allaitement long, le co-dodo… Pour ne citer que ces pratiques.

L’accueil des émotions de l’enfant, la coopération, l’éducation sans récompenses ni punitions, le respect de l’enfant, l’écoute active…

J’observe aussi que ces personnes ont un rêve, au combien merveilleux ! LE REVE QUE TOUS LES ENFANTS PUISSENT VIVRE UNE ENFANCE HEUREUSE.

Ce rêve est motivé par une aspiration encore plus profonde : CELLE DE VOIR UN JOUR NOTRE MONDE DEVENIR MEILLEUR, grâce à toute une génération d’enfants heureux.

Car nous le savons aussi maintenant par la science (sciences affectives, cognitives, neurosciences…) L’être humain porte en lui les fondements de l’empathie, de l’altruisme, de la générosité, de la bienveillance. Et tout ceci s’épanouit s’il a lui-même été le plus souvent possible, dans ces plus jeunes années, exposé à tout ça et qu’il a vu en l’adulte un modèle. Nous sommes des êtres sociaux, capable d’empathie les uns envers les autres, nous avons un « pré-câblage » pour cela, mais comme toutes choses : cela s’apprend ! Et notre manière la plus efficace pour apprendre c’est de voir et d’expérimenter. Cette vidéo de Céline Alvarez sur la plasticité cérébrale nous l’explique merveilleusement bien. Alors bien sûre nous apprenons partout et à tout âge, et nous sommes capable de résilience. Donc rien n’est perdu, fort heureusement.

Mais il est un constat aussi très amère, c’est que nous voyons bien que notre manière de fonctionner en générale, en ce qui concerne les relations humaines, professionnelles, familiales, diplomatiques, l’écologie, est source de violence. Que tôt ou tard, il sera peut-être trop tard. Que nous n’avons plus beaucoup le choix. Sans être forcément alarmiste, nous nous rendons bien compte que si nous voulons obtenir d’autres résultats que la violence dans tous ces domaines (enfance, écologie, relations mondiales,…) nous devons faire autrement. C’est une prise de conscience.

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Il y a donc urgence ?!…

Dans mon expérience, ayant la volonté de répondre au mieux aux besoins de mon enfant (et je ne doute à aucun instant que c’est aussi le cas de TOUS les parents du monde), j’ai lu, cherché, accumulé du savoir car je ne savais rien de comment on s’occupe au quotidien d’un enfant. Fort heureusement, je me suis dirigé progressivement et malgré des débuts chaotiques et des dérapages encore aujourd’hui vers des pratiques douces et bienveillantes.

Et j’observe qu’une part de moi est entrée dans une exigence à la bienveillance. Une part HAUTEMENT bienveillante. Cette part à bien retenue la leçon. Elle connaît tout bien part cœur…ou presque. Elle a mesuré l’urgence à la bienveillance. Et elle agit en moi en mode violent pour imposer, exiger la bienveillance. Voilà ce qu’elle me dit :

« Tu n’as pas eu d’accouchement physiologique !! quoi, comment ! Voilà pourquoi ton fils pleur la nuit ! C’est d’une extrême violence ce qu’il a du vivre…Tu n’as pas porté ton fils dans un porte bébé physiologique… !! Quoi, comment, tu aurais dû. Tu as fait du co-dodo jusqu’à ses un an ! Ah ça, c’est digne d’une mère bienveillante, je te félicite. Tu n’as pas réussi à allaiter plus de quatre mois…Non mais sans blague. Tu cris encore sur ton enfant quand tu es à bout…Mais tu n’as pas honte ! Il est en stress quand tu fais ça, tu le vois pourtant !! » etc…

Et puis il y a la part qui fait ce quelle peut. La part qui tente au milieu de tout ça de continuer d’exister. Elle aspire à la tranquillité d’antan (c’est-à-dire avant enfant…), à son autonomie, à vivre sereinement sa condition limité :

« J’en peux plus de cet enfant qui geint. Je voudrais le jeter par la fenêtre. Mais va-t-il me foutre la paix !!! C’est pas possible, je comprend rien à ce qu’il veut, il est jamais content. En plus je me met en quatre pour le satisfaire et ça va toujours pas !!! Je voudrais juste dormir. Je voudrais juste sortir me faire un ciné, le film que j’ai vu sur l’affiche en passant…hum, la baby sitter est pas dispo ?! Me…de…on peut pas le laisser dormir seul et se barrer ?! C’est quoi ce plan de Me….de !  J’en ai marre, je veux fumer, boire comme je veux et plus allaiter, c’est trop dur…soupir ».

Bon bref, tout ce petit monde en moi à un fort, mais quand je dis fort c’est FORT besoin d’empathie. Ne serait-ce que pour une chose déjà: VIVRE LA DETENTE. Sans parler du rêve auquel bien sûre j’aspire moi aussi, que l’humanité puisse un jour vivre des jours meilleurs et que mon enfant vive heureux et libre.

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Lâcher un instant le but. Le but de faire de la bienveillance pour rendre le monde meilleur ou mon enfant heureux. Car ce but n’a rien de détendant pour moi, petite maman faisant de jour en jour l’expérience de la parentalité. C’est plutôt même crispant et au final violent, quand je m’aperçois que je suis aussi limité, que la part « non évoluée » qui n’a pas forcément lu, compris et assimilé les leçons à la bienveillance et qui désire vivre une chose, sa « limititude » est toujours là…soupir…et sera toujours là ! Et que la rejeter n’engendrerai que la violence.

Et ce que j’observe aussi, c’est que ce que je lis sur internet, les blogs, les magasines, les livres sont écrits en langage conditionné, en mode violent : « Il doit être, je conseille, il serait fort souhaitable, il est essentiel… » bien qu’ils parlent de non violence. Cela demande un travail de traduction en mode non violent, avec l’aide de la communication non violente. Et donc du temps!

ET soyons réalistes : combien de parents sont initiés à la communication non violente. Combien de parents vont lire tous ces conseils, ces pratiques bienveillantes sans culpabiliser de ceci ou cela. Car la réalité c’est qu’au quotidien, limité et conditionné que nous sommes nous aurions besoin d’une heure d’empathie, 2 minutes de conseil, pour 10 minutes d’interaction positive avec notre enfant. Et la réalité bien souvent c’est que nous n’avons pas ça. Et pourtant il ne s’agit pas d’une option, l’empathie envers nous même, dans la bienveillance avec l’autre.

Donc peut-être qu’il y a urgence ! Mais ne pas se tromper d’urgence. Il y a urgence à se tourner vers nous même, pour prendre soin de nous même.

Avant d’écouter les conseils, de lire un article, de s’informer et d’éduquer les petits parents que nous sommes (ce qui est essentiel aussi) : donnons nous de l’empathie pour grandir, donnons nous l’espace pour faire des erreurs, ouvrons nous les bras pour accueillir notre « limititude ».

Travaillons la terre avant de semer les graines et de penser à la récolte. Il est aussi une réalité qui est dure à accueillir : la récolte, il est fort possible que nous n’en soyons pas témoin, tant la terre est aride. Mais si nous voulons un beau fruit généreux et nutritif concentrons nos efforts sur cette terre qui vaut de l’or. PARENTS JE VOUS AIME !

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2 réflexions au sujet de « Le plus URGENT: l’empathie… »

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