Toute ma gratitude…

La Colère. Cette colère qui explose soudainement, cette colère sous-jacente, nos muscles se tendent, notre ventre se noue, notre coeur se ferme…

Quand mon fils a eu 21 mois environ, il a commencé à exprimer son mécontentement, ses frustrations, ses peurs, ses incompréhensions en nous tapant. Cette expression corporelle, gestuelle, commune aux tous petits qui n’ont pas d’autres moyens, a durée un an et demi environ…

Quand il me tapait j’ai ressenti d’abord de la colère et j’étais pleine de ressentiment. « Il n’a pas le droit de me taper, mais pourquoi il fait ça, il ne devrait pas!!! » Je m’attachais au pourquoi, je voulais comprendre, raisonner. J’ai passé une bonne période où je refusais cet acte, ce qui m’empêchais d’écouter le message caché derrière le geste et de me relier avec ce qui était précieux pour mon fils, ce qui était vivant et le précieux qu’il m’offrait en communiquant de la sorte avec moi.

J’ai lu que si un enfant exprime sa colère avec ses parents c’est qu’il se sent suffisamment en sécurité avec eux (la figure d’attachement qui peut aussi être une personne autre que les parents) pour lâcher toutes ces émotions qu’il serait potentiellement dangereux d’exprimer avec une personne avec qui il n’y a pas cet attachement, ce sentiment de sécurité. (Isabelle Filliozat, Catherine Gueguen en parlent très bien).

Oh combien ce que j’ai pu lire sur les besoins de l’enfant et les comportements qui expriment ces besoins, a pu m’aider pour me connecter à ce que vivait mon petit d’homme.

Et je remercie Isabelle Filliozat, Catherine Gueguen, Maria Montessori…et tant d’autres que j’ai pu lire et qui m’ont soutenus dans mon besoin de comprendre l’enfant.

Et sur cette colère qui me traversait et que je croyais à l’époque que mon fils en était la cause, j’ai découvert un soir de recherche sur le net où j’étais en quête de réponses, cette vidéo: La colère, d’Isabelle Padovani. Cette vidéo m’a donné une clef pour ouvrir mon coeur et vivre la détente à laquelle j’aspirais au fond. Ah enfin un début de piste qui me faisait voir ma colère autrement, non plus comme une chose horrible à réprimer, à contrôler, ou comme un droit d’expression à imposer sous toutes ses formes (cris, violence physique…) à l’autre. Mais comme un indicateur de ce qui se passe à l’intérieur de moi. Et tant que je n’irai pas accueillir ce qui se passe en moi, comment développer des compétences pour écouter l’autre? Par expérience je vois qu’il m’est souvent impossible de prendre soin de l’autre quand je n’ai pas pris le temps de prendre soin de moi.

De cette vidéo j’ai tiré le fil. Isabelle Padovani propose sur sa chaîne Youtube des centaines de vidéos (je ne passe pas un jour presque où je ne regarde pas une vidéo) qui sont des supports tellement précieux pour moi pour me soutenir dans l’apprentissage de l’interdépendance, de l’empathie, de l’auto-empathie, de l’amour de soi… Elle partage avec sincérité, joie, ouverture de coeur et clarté. Elle propose aussi des rencontres: les rencontres au coeur du vivant.

Toute ma gratitude à Isabelle Padovani pour cet élan de partage qui m’apporte détente, douceur et qui nourrit mon besoin de compréhension.

La clef si précieuse pour moi qui m’ouvre les portes de mon coeur est la pratique de la communication non violente que j’ai découverte en visionnant les vidéos d’Isabelle Padovani car elle partage largement sur cette pratique. C’est un outil qui me permet de ne plus subir ma propre violence interne induite par un langage duel et un conditionnement issu de l’expérience vécue dans mon enfance, et ne plus subir ou faire subir la violence aux autres. Cet outil me permet, en cet instant et dès que je décide de l’utiliser ou dès que ma conscience et mes moyens me permettent de l’utiliser, de vivre dans le monde dans lequel j’aspire, sans violence, et de ne plus attendre, exiger ou agir sur l’autre pour vivre ce que j’aspire à vivre. Je reprend ma responsabilité et je redonne sa responsabilité à l’autre.

Je voulais ici même partager ma gratitude pour cet homme, Marshall Rosenberg et tous ceux qui incarnent cette non violence et m’inspirent, ceux qui ont croisé mon chemin: Isabelle Padovani, Véronique Gaspard (formatrice en communication non violente), Sandrine Donzel, Karine Ducrot (accompagnante et personne ressource formée à la communication non violente), Thomas d’Ansembourg

J’aimerai vous parler aussi d’un homme Jacques Salomé. J’ai été touché par ces mots qui m’ont donné une clef importante dans ma relation à l’autre. Dans son livre: Papa, maman écoutez moi vraiment.  Une phrase inspirée de ce livre et que j’ai utilisé quand mon fils me tapait « Je vois que tu es en colère, tellement en colère que tu n’hésites pas à me le dire en me tapant. » Cette phrase a remplacé « c’est interdit de taper, ça fait mal, on ne le fait pas! ». Quand j’ai eu les moyens de remplacer cette phrase j’ai senti que c’était plus doux pour mon fils. Qu’il se sentait écouté. Et les tapes ont diminué. Elles n’ont pas disparu et j’ai accueilli la part de moi qui voudrait tant qu’il existe des mots magiques qui agissent sur l’autre pour lui faire cesser un comportement. Mais mon expérience est que ces mots que l’ont peut qualifier de « magique » (jugements, interprétations, impressions, exigences, menaces, punitions, récompenses…) car il font cesser un comportement a court ou moyen terme chez l’autre ont des conséquences à long terme: la culpabilité, le désamour de soi, la vulnérabilité, la colère intérieur…Et ce n’est pas mon rêve que mon fils vive ça car je n’ai pas moi même de joie à le vivre. Toute ma gratitude à cet homme.

 

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